Samedi 3 mai 2025 aux alentours de 16h, un orage impressionnant nous a surpris à Paris. Un ciel sombre, un grondement du tonnerre, une averse… Jusque là, rien d’inhabituel… Un orage quoi. Mais d’un coup, les bourrasques de vent s’intensifient et des grêlons mesurant près de 4 cm, soit la taille d’une balle de golf, tombent du ciel. En intérieur, on entend un bruit sourd et on admire le spectacle derrière une vitre (en espérant qu’elle résiste). En extérieur, on cours vite s’abriter et on attend que ça passe !
Sans dire que cet orage était exceptionnel, personnellement, je crois que c’est la première fois que je voyais des grêlons aussi gros… Et aussi beaux !
Qu’est-ce que la grêle, et comment se forme-t-elle ?
La grêle, c’est de la précipitation sous forme de glace. Elle se forme à l’intérieur des nuages d’orage, appelés Cumulonimbus (Figure 2), qui s’élèvent jusqu’à la tropopause, à plus de 10 kilomètres d’altitude. C’est la limite entre la troposphère et la stratosphère (environ au niveau de vol des avions long-courriers).
À l’intérieur de ces nuages, des courants d’air ascendants très puissants soulèvent les gouttelettes d’eau jusqu’à des zones très froides, où elles gèlent et se transforment en cristaux de glace. Sous l’effet de la gravité, ces particules redescendent, entrent en collision et s’agrègent avec d’autres gouttelettes d’eau, puis sont reprises par les courants ascendants, remontent, gèlent à nouveau… et ainsi de suite.
Plus les ascendances du cumulonimbus sont fortes, plus les particules de glace peuvent rester longtemps en suspension dans le nuage, formant des couches de glace successives. Ce sont les cumulonimbus les plus puissants qui génèrent les plus gros grêlons. À un moment donné, les grêlons deviennent trop lourds pour rester en suspension et finissent par tomber au sol.
En général, les grêlons mesurent entre 5 millimètres et 5 centimètres de diamètre. Dans de rares cas, ils peuvent atteindre la taille d’un melon (comme aux États-Unis en 2010: 20 cm de diamètre !).
Est-ce que ce phénomène est exceptionnel ?
L’orage du 3 mai est passé en moins de 20 minutes sur Paris. La grêle est tombée pendant moins de 10 minutes. C’était bref mais très intense. Les radars météo montrent une cellule orageuse très active, avec de fortes précipitations (pluie et grêle)… et de nombreux éclairs.
Il y a régulièrement des orages en France, surtout pendant les journées chaudes et ensoleillées, comme c’était le cas avant que l’orage n’éclate le 3 mai. Ils se forment quand l’atmosphère est instable : de l’air chaud près du sol, de l’air froid en altitude… l’air chaud, plus léger que l’air froid, s’élève (c’est ce qu’on appelle une ascendance d’air chaud, voir Figure 2), formant un cumulonimbus.
Parfois, ces ascendances sont renforcées par le relief ou des rencontres de masses d’air très différentes, comme ce fut le cas samedi. Selon Keraunos (l’observatoire des orages), c’est un conflit entre air froid venu du Nord et un air chaud qui a donné naissance à des cellules orageuses le long de cette convergence d’air (que l’on peut voir se déplacer d’ouest en est sur l’animation radar).
Si les cumulonimbus et les orages sont fréquents, selon Météo-France, moins de 10 % des cumulonimbus produisent des grêlons suffisamment gros pour atteindre le sol (le plus souvent, les grêlons sont si petits qu’ils fondent avant de toucher le sol). C’est la puissance de cet orage qui a rendu cet épisode météo si remarquable.
Sources : Météo-France : la grêle, Météo-France : les orages, Keronaus, Meteociel
